La MDPH (maison départementale des personnes handicapées) est un guichet à part, distinct de l’Assurance Maladie et de la CAF. Elle peut reconnaître un besoin lié au handicap et ouvrir droit, notamment, à l’AEEH. Disons-le d’emblée, parce que c’est la première question et qu’on vous répondra rarement clairement : avoir un diabète de type 1 n’ouvre pas droit à l’AEEH automatiquement. Cette page explique comment la demande est évaluée, ce qui fait la différence dans un dossier, et où trouver les bons formulaires. Elle ne décide rien à votre place et ne remplace pas la MDPH.
L’AEEH, en clair
L’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé) est une aide versée pour un enfant de moins de 20 ans. Elle comprend une allocation de base (153,01 € par mois) et, selon la situation, des compléments (de 267,77 € à 1 963,08 € par mois) qui tiennent compte de la lourdeur de la prise en charge, d’une réduction ou d’un arrêt d’activité d’un parent, ou du recours à une aide. (Montants vérifiés le 17 septembre 2026, susceptibles d’évoluer.)
C’est la CDAPH, au sein de la MDPH, qui décide. Elle dispose de 4 mois pour répondre, et l’absence de réponse au bout de 4 mois vaut refus. L’attribution se fait ensuite pour une durée de 2 à 5 ans.
Le diabète ouvre-t-il droit ? La vraie réponse
La MDPH ne raisonne pas par maladie, mais par retentissement sur la vie quotidienne. Elle évalue un taux d’incapacité :
- à partir de 80 %, l’AEEH est attribuée ;
- entre 50 % et 79 %, elle est possible si l’enfant bénéficie d’un accompagnement (soins, rééducation, dispositif de scolarisation adapté) reconnu par la CDAPH.
Il n’existe donc pas de liste de maladies qui donnerait droit automatiquement. Pour un diabète de type 1, la reconnaissance dépend de la charge réelle que représente la prise en charge, et les décisions varient d’un département à l’autre. Un dossier a d’autant plus de poids que le diabète est instable ou lourd à gérer, et que cette réalité est écrite noir sur blanc par le médecin et par vous.
Ce sur quoi le dossier se joue vraiment
Deux pièces font la différence, et ce sont justement les deux que l’on remplit trop vite.
Le certificat médical (Cerfa n°15695*01). Il est rempli par le médecin qui suit votre enfant, daté de moins de 12 mois. Un certificat qui se contente d’écrire « diabète de type 1 » sous-décrit la réalité. Ce qui compte, c’est qu’il traduise la charge concrète : la surveillance jour et nuit, les gestes pluriquotidiens, les contrôles, les resucrages, les réveils nocturnes, l’impact d’éventuelles hypoglycémies sévères. Demandez ce certificat en consultation, et parlez-en avec votre équipe.
Le projet de vie. C’est la partie que vous écrivez, et celle qui fait le plus souvent défaut, parce qu’on la remplit « en deux lignes ». C’est une erreur : c’est là que la MDPH comprend ce que le diabète change vraiment. Décrivez une journée et une nuit réelles, sans dramatiser mais sans minimiser :
- ce que la surveillance demande, le jour, la nuit, à l’école ;
- les gestes que votre enfant ne fait pas encore seul, et ce que cela suppose de votre présence ;
- ce à quoi vous avez dû renoncer ou vous réorganiser (travail, disponibilité) ;
- ce qui se passe les jours de maladie, en sortie, en voyage.
Vous n’avez pas à prouver une « gravité » : vous décrivez un quotidien. C’est ce récit, appuyé par le certificat médical, qui est évalué.
La démarche, étape par étape
- Retirer ou télécharger le formulaire de demande (Cerfa n°15692*01) : c’est le même pour l’AEEH, la PCH et la carte mobilité inclusion.
- Faire remplir le certificat médical (Cerfa n°15695*01) par le médecin de votre enfant.
- Rédiger le projet de vie (partie du formulaire).
- Déposer le dossier complet à la MDPH de votre département.
- Attendre la décision de la CDAPH (jusqu’à 4 mois).
Vous n’êtes pas obligé de monter ce dossier seul. L’assistante sociale de votre service de diabétologie connaît ces démarches et peut vous aider à le constituer et à rédiger le projet de vie : c’est souvent elle qui fait la différence.
Si la demande est refusée
Un refus n’est pas définitif. Vous pouvez demander un réexamen (recours administratif préalable), puis, si besoin, saisir le tribunal. Un dossier refusé une première fois est souvent accepté après avoir été mieux documenté, notamment sur la charge nocturne et la surveillance. L’assistante sociale et les associations peuvent vous accompagner dans cette étape.
Ne pas confondre
- L’AEEH (MDPH) reconnaît un besoin lié au handicap : elle n’est pas automatique.
- L’ALD (Assurance Maladie) prend en charge les soins à 100 % : elle est quasi systématique pour le diabète de type 1.
- Le PAI (école) organise la journée en classe : il ne passe pas par la MDPH.
Ces trois dispositifs sont expliqués ensemble dans Les droits et les aides.
Cette page est un repère administratif, pas un avis médical ni juridique. Les barèmes, les taux et les formulaires évoluent, et chaque MDPH apprécie les dossiers à sa manière : en cas de doute, les sites officiels font foi, et l’assistante sociale de votre service de diabétologie est votre meilleur appui.
Mise à jour : 17 septembre 2026.