Référence
Schweiger BM, Snell-Bergeon JK, Roman R, McFann K, Klingensmith GJ.
Menarche delay and menstrual irregularities persist in adolescents with type 1 diabetes.
Reproductive Biology and Endocrinology, 6 mai 2011. DOI 10.1186/1477-7827-9-61. PMCID PMC3100251.
Type : étude transversale, un seul recueil, comparée à une base nationale américaine.
La question posée
Les jeunes filles vivant avec un diabète de type 1 ont-elles leurs premières règles plus tard que les autres ? Et quels facteurs sont liés à ce retard et à l’irrégularité des cycles ?
Qui a été étudié
228 jeunes filles de 12 à 24 ans vivant avec un DT1 et ayant eu au moins une période menstruelle, recrutées lors de leur consultation de diabétologie.
Le groupe de comparaison n’a pas été recruté : ce sont les données de NHANES 2001-2006, une grande enquête nationale américaine, portant sur 3 690 jeunes filles de la même tranche d’âge.
Ce qu’ils ont trouvé
- Premières règles à 12,81 ans en moyenne quand le diabète est apparu avant la ménarche (185 jeunes filles).
- 12,17 ans quand le diabète est apparu après la ménarche (43 jeunes filles). L’écart entre les deux groupes est significatif.
- Dans NHANES, la moyenne est de 12,27 ans. Le groupe « diabète avant la ménarche » est donc significativement plus tardif, alors que le groupe « diabète après » lui est comparable. Le décalage est réel mais modéré : de l’ordre de six mois.
- Le retard n’est pas corrélé à l’équilibre glycémique. La corrélation avec l’HbA1c au moment de la ménarche est nulle. Il est en revanche lié, négativement, à l’indice de masse corporelle.
- Parmi les 181 jeunes filles réglées depuis au moins deux ans, 63, soit 35 %, rapportent des cycles souvent ou toujours irréguliers.
À qui s’applique ce résultat
- Des jeunes filles de 12 à 24 ans suivies en diabétologie aux États-Unis, recrutées en consultation.
- Une étude transversale : un seul recueil, à un moment donné. Elle décrit une situation, elle n’en établit pas la cause.
- Une comparaison à une enquête nationale. Le groupe de référence (NHANES 2001-2006) n’a pas été recruté dans les mêmes conditions ni avec les mêmes méthodes de recueil ; les auteurs le signalent.
- Un âge des premières règles déclaré de mémoire. Les auteurs ont utilisé des questions de rappel pour aider à le situer, mais l’estimation reste rétrospective.
- Un échantillon peu diversifié, majoritairement blanc non hispanique et hispanique. Les auteurs indiquent ne pas pouvoir estimer l’âge des premières règles dans d’autres groupes.
- Des données recueillies avant 2011, donc avant la diffusion des pompes, capteurs et boucles fermées d’aujourd’hui.
Ce que ça fait avancer
Cette étude a chiffré un décalage que les familles rapportaient sans donnée pour l’objectiver, et elle l’a surtout dissocié de l’équilibre glycémique : la corrélation avec l’HbA1c au moment de la ménarche est nulle. C’est ce résultat qui permet de ne plus attribuer un retard pubertaire à un traitement mal suivi. Les travaux de suivi menés depuis, repris par les recommandations de consensus de l’ISPAD en 2022, décrivent un développement pubertaire normal ou à peine retardé à l’ère des traitements modernes : cette fiche documente donc autant un résultat que le chemin parcouru depuis.
À retenir
Premières règles à 12,81 ans en moyenne quand le diabète est apparu avant la ménarche, contre 12,27 ans dans l’enquête nationale de comparaison, soit un décalage de l’ordre de six mois. Ce décalage n’est pas corrélé à l’HbA1c. 35 % des jeunes filles réglées depuis au moins deux ans rapportent des cycles souvent ou toujours irréguliers. Données recueillies avant 2011.
Vérifié le 19/09/2026 dans le texte intégral.
