Référence
McNulty KL, Elliott-Sale KJ, Dolan E, Swinton PA, Ansdell P, et al.
The Effects of Menstrual Cycle Phase on Exercise Performance in Eumenorrheic Women: A Systematic Review and Meta-Analysis.
Sports Medicine, 13 juillet 2020. DOI 10.1007/s40279-020-01319-3. PMCID PMC7497427.
Type : revue systématique et méta-analyse, conduite selon la méthode PRISMA. Ce n’est pas une étude sur des personnes, c’est une synthèse d’études existantes.
La question posée
La performance sportive varie-t-elle selon la phase du cycle menstruel, chez des femmes ayant des cycles réguliers ?
Qui a été étudié
Pas de participantes recrutées : les auteurs ont rassemblé 78 études publiées, dont 51 ont pu entrer dans la première méta-analyse et 73 dans une analyse en réseau comparant toutes les phases entre elles.
Les études portent sur des femmes eumenorrhéiques, c’est-à-dire ayant des cycles réguliers. Aucune ne porte sur le diabète de type 1.
Ce qu’ils ont trouvé
- L’effet est qualifié de « trivial » par les auteurs eux-mêmes. La performance est très légèrement réduite en phase folliculaire précoce, avec une taille d’effet médiane de −0,06, dont l’intervalle de crédibilité à 95 % va de −0,16 à 0,04 : il contient zéro, donc l’absence d’effet reste plausible.
- Le plus grand écart observé sépare la phase folliculaire précoce de la phase folliculaire tardive, avec une taille d’effet de −0,14 (intervalle −0,26 à −0,03).
- Le classement des phases place la folliculaire précoce en dernier, mais de peu : toutes les autres phases se tiennent dans un mouchoir.
- Le niveau de preuve global est jugé « faible » par les auteurs.
À qui s’applique ce résultat
- Des femmes adultes sportives, à cycles réguliers. Aucune des 78 études incluses ne porte sur des adolescentes.
- Hors diabète. Aucune étude incluse ne porte sur des personnes vivant avec un DT1 : la synthèse ne renseigne pas sur la glycémie.
- Une moyenne de groupes. Une méta-analyse agrège des résultats collectifs ; elle ne décrit pas une personne en particulier, et la variabilité individuelle reste entière.
- Un niveau de preuve que les auteurs qualifient de faible, avec un intervalle de crédibilité qui contient zéro : l’absence d’effet reste une hypothèse compatible avec les données.
Ce que ça fait avancer
En rassemblant 78 études éparses sous une méthode unique et déclarée à l’avance (PRISMA), cette synthèse a remplacé une croyance largement partagée par une mesure : s’il existe un effet de la phase du cycle sur la performance, sa taille médiane est de −0,06, soit trivial au sens statistique. Elle donne ainsi aux sportives et à leurs encadrants une base chiffrée là où circulaient des impressions. Elle établit aussi, noir sur blanc, ce qui manque : des travaux de meilleure qualité méthodologique, et aucune donnée chez les personnes vivant avec un diabète de type 1.
À retenir
S’il existe un effet de la phase du cycle sur la performance sportive, les auteurs le qualifient de trivial : taille d’effet médiane de −0,06, intervalle de crédibilité contenant zéro, niveau de preuve global jugé faible. Mesuré chez des femmes adultes à cycles réguliers, en dehors du diabète.
Vérifié le 19/09/2026 dans le texte intégral.
