Voyage et vacances : la checklist avant de partir

Papiers, quantités, transport de l'insuline, avion, décalage horaire : ce qu'il y a à faire, dans l'ordre où ça se fait.

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Un voyage avec un enfant diabétique ne se prépare pas la veille, et la plus grosse part du travail n’est ni médicale ni compliquée : c’est de l’anticipation administrative et logistique. Cette checklist déroule ce qu’il y a à faire, dans l’ordre où ça se fait.

Pour le pourquoi, ce que la chaleur fait à l’insuline, ce qui se joue à la piscine, tout est expliqué dans conserver et transporter l’insuline et préparer l’été. Ici, on ne fait que la liste.

Trois à quatre semaines avant

  • Prévenir votre médecin endocrinologue ou pédiatre endocrinologue : destination, durée, décalage horaire, activités prévues. C’est elle qui donnera les adaptations, personne d’autre.
  • Demander une ordonnance couvrant tout le séjour, avec le matériel listé et le transport d’insuline autorisé.
  • Demander que les médicaments y figurent aussi en DCI (dénomination commune internationale) : un nom commercial français ne veut rien dire dans une pharmacie étrangère.
  • Demander un certificat médical en français et en anglais, précisant le matériel porté.
  • Pour l’Union européenne : commander la carte européenne d’assurance maladie, elle n’est pas immédiate.
  • Hors Union européenne : vérifier la couverture de l’assurance voyage, y compris ce qu’elle dit d’une maladie chronique déclarée.
  • Commander le stock à la pharmacie : il faut souvent quelques jours.
  • Vérifier les dates de péremption de tout ce qui part, insuline et resucrage compris.
  • Repérer une pharmacie et un service hospitalier à destination, et noter les adresses.

Les papiers

  • Pièce d’identité, passeport, visa si nécessaire.
  • Ordonnance du séjour et ordonnance de secours, en français et en anglais.
  • Certificat médical bilingue.
  • Carte de diabétique, et carte de porteur de pompe le cas échéant.
  • Carte Vitale, carte européenne d’assurance maladie, attestation d’assurance.
  • Carnet de vaccination à jour.
  • Vos numéros et ceux de votre équipe soignante, sur papier, pas seulement dans un téléphone.
  • Une copie de tout, dans l’autre bagage et dans un cloud.

Combien emporter

La règle communément retenue : ce dont vous avez besoin pour la durée du séjour, plus la moitié. Et une seconde règle qui compte autant : on ne met jamais tout dans le même sac. Un bagage perdu ne doit jamais signifier zéro insuline.

  • Insuline, dans les deux formes utilisées par votre enfant.
  • Stylos et aiguilles en nombre, et de quoi injecter autrement si la pompe tombe en panne, selon ce que votre équipe a prévu.
  • Cathéters, réservoirs, adhésifs, piles et chargeurs.
  • Capteurs de rechange, lecteur de secours, bandelettes, lancettes, autopiqueur.
  • De quoi mesurer les cétones.
  • Resucrage, en quantité, réparti entre les sacs et les poches.
  • Glucagon selon la prescription, et la consigne écrite qui va avec.
  • Trousse isotherme, et de quoi la garder au frais.
  • Trousse de soins courants : désinfectant, pansements, crème solaire, anti-moustiques.

Sources de cette rubrique : Assurance Maladie, « Diabète : voyager en toute sécurité » (ordonnance en DCI, certificat en anglais, carte européenne, quantités, répartition des bagages) ; Fédération Française des Diabétiques, check-list voyage ; Aide aux Jeunes Diabétiques, rubrique Voyages.

En avion

  • L’insuline voyage en cabine, jamais en soute : la soute peut geler, et une insuline gelée est détruite définitivement.
  • Le matériel indispensable voyage aussi en cabine : de quoi traiter, contrôler et resucrer pendant tout le trajet, retards compris.
  • Ordonnance et certificat accessibles, pas au fond du sac : ce sont eux qui justifient le matériel au contrôle.
  • Pompe et capteur face aux portiques et aux scanners : les consignes varient selon les modèles. Vérifiez auprès du fabricant de votre matériel avant de partir, et signalez le dispositif aux agents de sûreté.
  • Prévoir des repas de secours : un plateau qui arrive avec deux heures de retard est un problème quand le geste a déjà été fait.
  • Garder le resucrage sur soi, pas dans le bagage en hauteur.

En voiture, en train, en bateau

  • Jamais de matériel sur la plage arrière ni dans un coffre en plein soleil : c’est le piège classique de l’été.
  • L’insuline ne doit pas non plus être en contact direct avec un pack de congélation : le froid extrême la détruit comme la chaleur.
  • Resucrage à portée de main du siège de l’enfant, pas dans le coffre.
  • Pauses : une longue route sans bouger, ce n’est pas une journée ordinaire non plus.

Le décalage horaire

Au-delà de trois heures de décalage, le traitement se réorganise. Le principe habituellement retenu est de rester sur l’heure de départ pendant le trajet, puis de passer à l’heure d’arrivée une fois sur place.

Mais pour un enfant, et particulièrement sous pompe ou sous boucle fermée, c’est une adaptation qui se prépare avec votre endocrinologue, écrite avant le départ. Ne l’improvisez pas dans un aéroport, et ne la copiez pas depuis un forum.

Sur place

  • Repérer où sera rangée l’insuline dès l’arrivée : à l’abri de la chaleur et de la lumière. La notice de votre insuline fait foi sur les températures, pas une règle générale trouvée en ligne.
  • Vérifier que le resucrage est dans le sac de plage comme dans le sac à dos, et pas resté dans la chambre.
  • Baignade : voir baignade, piscine et capteur, y compris pour l’adhésif qui tient moins bien dans l’eau salée et le sable.
  • Journées beaucoup plus actives que d’habitude : la vigilance se prolonge le soir et la nuit.
  • Repas décalés, cuisine inconnue, glaces : tout cela s’anticipe mieux qu’il ne se rattrape.
  • Crème solaire et capteur : appliquer autour, pas dessus.

Si votre enfant part sans vous

Colonie, séjour chez les grands-parents, voyage scolaire : la logistique est la même, mais la transmission devient le point critique. Deux documents sont faits pour ça :

Un repère pour s’y retrouver

Trois choses suffisent à sauver un voyage : le double du matériel, réparti dans deux sacs ; les papiers en anglais ; et une adaptation écrite par votre équipe avant de partir. Le reste se règle sur place.

Sources de cette rubrique : Assurance Maladie (transport en cabine, trousse isotherme, boîte à gants plutôt que contact direct avec un pack de congélation, décalage horaire au-delà de trois heures) ; Fédération Française des Diabétiques ; ministère chargé des transports, fiche « Diabète et aéroport ». Les températures exactes de conservation sont celles de la notice de l’insuline de votre enfant, et les adaptations de traitement celles de son équipe.

La fiche à imprimer

L’essentiel tient en une page à cocher. À l’impression, seule cette fiche sort : les explications restent ici.

À imprimer et cocher, avant de partir

Voyage et vacances

Trois à quatre semaines avant

  • Prévenir votre équipe soignante : destination, durée, décalage, activités
  • Ordonnance couvrant tout le séjour, matériel listé
  • Médicaments notés aussi en DCI
  • Certificat médical en français et en anglais
  • Carte européenne d’assurance maladie, ou assurance voyage vérifiée
  • Commander le stock, vérifier les dates de péremption
  • Repérer une pharmacie et un hôpital sur place

Les papiers

  • Ordonnance du séjour et ordonnance de secours
  • Carte de diabétique, carte de porteur de pompe
  • Copies de tout, dans l’autre bagage

Quantités

  • Le nécessaire pour la durée du séjour, plus la moitié
  • Jamais tout dans le même sac

En avion

  • Insuline en cabine, jamais en soute
  • Ordonnance et certificat accessibles, pas au fond du sac
  • Pompe et capteur : consignes du fabricant vérifiées avant le départ
  • Repas de secours, resucrage gardé sur soi

En voiture, et sur place

  • Rien sur la plage arrière ni dans un coffre au soleil
  • Pas de contact direct avec un pack de congélation
  • Insuline à l’abri, selon la notice du produit
  • Vigilance prolongée les jours beaucoup plus actifs

Le décalage horaire au-delà de trois heures s’adapte avec votre endocrinologue, par écrit, avant le départ.

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