Le mot arrive dans le cahier un jeudi soir, pour une sortie le mardi suivant. C’est là que tout se joue : pas le jour de la sortie, mais dans les quelques jours qui précèdent. Cette checklist reprend ce qui doit être vérifié, préparé et transmis, pour une sortie à la journée.
Ce que le PAI doit déjà prévoir
Avant de préparer quoi que ce soit, rappelez-vous que la question des sorties est censée être réglée en amont, dans le document signé en début d’année. La circulaire du 10 février 2021 est explicite :
« Le PAI précise si l’enfant peut participer aux sorties avec ou sans nuitée. Il prévoit les aménagements nécessaires à respecter et leur modalité d’application pour que l’élève puisse participer aux sorties scolaires régulières, aux sorties scolaires occasionnelles […]. »
- Votre PAI dit-il quelque chose des sorties ? S’il est muet sur ce point, c’est le moment de le faire compléter.
- Le document peut être revu et adapté en prévision d’une sortie ou d’un voyage scolaire : c’est prévu, vous pouvez le demander.
- Les temps périscolaires et extrascolaires organisés par l’établissement sont couverts par le même document. Quand le périscolaire est géré par la commune, c’est l’organisateur qui doit l’avoir signé.
Si ce socle n’est pas en place, reprenez-le d’abord : tout est détaillé dans la checklist de préparation du PAI.
Sources de cette rubrique : circulaire du 10 février 2021 (section « Les sorties et les voyages scolaires » ; articulation des temps scolaires, périscolaires et extrascolaires) ; service-public.gouv.fr, qui précise que le PAI « peut aussi être revu et adapté […] en prévision d’un voyage ou d’une sortie scolaire ».
Dès que le mot arrive
- Répondre par écrit à l’enseignant, même si vous vous croisez tous les matins : ça laisse une trace et ça évite le « je pensais que quelqu’un d’autre s’en occupait ».
- Demander qui accompagne, et si l’un des accompagnateurs connaît la conduite à tenir.
- Demander le déroulé horaire : départ, trajet, activité, heure et lieu du repas, retour.
- Repérer les décalages de repas : c’est le premier facteur de problème sur une sortie.
- Repérer l’activité physique prévue : marche longue, visite debout, parcours sportif, baignade.
- Vérifier qu’un téléphone joignable existe côté sortie, et laisser vos numéros du jour.
- Si un point vous inquiète, le dire maintenant, pas la veille au soir.
Le sac de votre enfant
La règle qui résume tout : prévoir le double de ce qu’une journée normale demande. Une sortie, c’est un retard de car, un pique-nique décalé et deux heures de marche imprévues.
- Resucrage rapide, en quantité, et réparti : une partie dans la poche de votre enfant, pas seulement au fond du sac.
- Collation supplémentaire pour le cas où le repas se décale.
- Lecteur ou capteur, plus le récepteur ou le téléphone chargé, et une batterie externe.
- Le matériel de traitement tel que prescrit, avec de quoi faire face à une panne ou à un décollement.
- De quoi mesurer les cétones, si votre équipe l’a prévu.
- Une bouteille d’eau.
- Une copie de l’ordonnance et la fiche de conduite à tenir.
- Vos numéros sur papier, dans le sac, un téléphone tombe en panne, pas une feuille.
- Le glucagon, si votre équipe l’a prescrit, avec la consigne écrite qui va avec.
- Par forte chaleur ou grand froid : de quoi protéger l’insuline.
La trousse part avec la classe, clairement identifiée au nom de votre enfant, et quelqu’un sait où elle est à tout moment. Une trousse restée dans le car pendant la visite ne sert à rien.
Ce qu’on dit à l’accompagnateur
L’adulte qui encadre la sortie n’est pas forcément l’enseignant habituel : c’est parfois un parent d’élève, un animateur, un intervenant. Il n’a pas lu le PAI. Ce qu’il lui faut tient en cinq points, dits en deux minutes le matin du départ, et laissés par écrit dans la trousse.
- Les signes d’hypoglycémie propres à votre enfant, avec ses mots à lui.
- Le resucrage se fait sur place, tout de suite, et l’enfant ne part jamais seul chercher quoi que ce soit.
- Où se trouve la trousse, et qui la porte.
- Qui appeler, et dans quel ordre.
- Dans quel cas on appelle le 15, selon le protocole écrit par votre équipe.
Une phrase suffit à poser le cadre : « il peut tout faire comme les autres, il faut juste qu’il puisse manger quelque chose dès qu’il le demande ».
Le jour J : les quatre moments à risque
Le trajet
- Le resucrage est dans la poche de votre enfant, pas dans la soute.
- Un adulte sait qu’un enfant assis et silencieux dans un car peut être en train de faire une hypo.
L’activité
- Marcher pendant trois heures dans un parc ou un musée, c’est de l’activité physique, même si personne ne l’appelle du sport. Le sujet est détaillé dans sport et diabète de type 1.
- Si la sortie comporte une baignade, voir baignade et piscine pour ce qui concerne le capteur.
- Une pause est possible, à tout moment, sans avoir à la justifier.
Le repas
- L’heure réelle est rarement l’heure annoncée : c’est prévu, et la collation de secours est là pour ça.
- Un adulte s’assure que votre enfant mange effectivement ce qui était prévu, surtout s’il a fait son geste avant.
- Pique-nique fourni par l’école : demandez sa composition à l’avance.
Le retour
- Après une journée plus active que d’habitude, la vigilance continue le soir et la nuit : c’est le moment où l’effet d’une grosse journée se voit.
- Demandez à l’accompagnateur ce qui s’est passé, pas seulement à votre enfant, qui dira « ça va ».
- Reconstituez le stock de la trousse avant la prochaine sortie.
Si la sortie comporte une nuitée
C’est un autre sujet, et le PAI doit le dire explicitement : il précise si l’enfant peut participer aux sorties avec ou sans nuitée. Quatre points s’ajoutent alors :
- Qui gère la nuit, et ce que votre équipe a écrit pour cette période.
- Où dort votre enfant, et qui est joignable dans l’hébergement.
- Le stock de matériel, calculé pour la durée du séjour plus une marge.
- Une demande de révision du PAI en prévision du séjour, si le document ne couvre pas ce cas.
Ce qui ne devrait jamais arriver
Qu’on vous propose de garder votre enfant à la maison ce jour-là, ou de venir l’accompagner vous-même faute de solution. La circulaire prévoit que le PAI organise les aménagements pour que l’élève puisse participer aux sorties, pas pour décider s’il en est capable. Si la question se pose, elle se traite avec le médecin de l’Éducation nationale et l’infirmière scolaire, pas dans le couloir un vendredi soir.
Cela dit, un accompagnateur qui ne sait pas quoi faire est un vrai problème, et le signaler n’est pas une plainte : c’est ce qui permet de le régler avant le départ.
Sources de cette rubrique : circulaire du 10 février 2021 ; Assurance Maladie ; Aide aux Jeunes Diabétiques, rubrique Scolarité. Le contenu de la trousse et la conduite à tenir relèvent de l’ordonnance et du protocole écrits par votre médecin endocrinologue ou pédiatre endocrinologue.
Pour le cadre général de la scolarité, voir le diabète à l’école et une hypo à l’école.