Partir en colonie, c’est une étape que beaucoup de parents d’enfants diabétiques repoussent. Qui va regarder le capteur la nuit, qui saura reconnaître une hypo, qui comptera les glucides au goûter ? Pourtant, deux chemins existent : des séjours pensés pour les enfants diabétiques de type 1, avec des soignants sur place, et des colonies « classiques », qui doivent s’organiser pour accueillir votre enfant.
Les séjours de l’AJD, conçus pour les enfants diabétiques
L’Aide aux Jeunes Diabétiques (AJD) organise des séjours pour enfants et adolescents diabétiques de type 1 depuis 70 ans. Plus de 1 200 jeunes y participent chaque année, surtout l’été. Les informations ci-dessous viennent du site sejours-ajd.fr, consulté en octobre 2026 : vérifiez-y les dates et les conditions de l’année.
Trois formules selon l’âge
- « Enfant en famille » : de 3 à 12 ans, avec un adulte, 9 jours pendant les vacances de printemps ou d’automne.
- « Enfant seul » : de 6 à 12 ans, 9 jours, aux mêmes périodes. Ces petits séjours ont lieu à Gouville-sur-Mer (Manche) et à Mimet (Bouches-du-Rhône).
- Les séjours d’été : de 6 à 17 ans, de 15 à 21 jours, sur huit sites en métropole répartis par tranche d’âge, plus un à La Réunion pour les enfants du département.
Une colonie et un séjour de soins à la fois
Chaque séjour AJD est à la fois un accueil collectif de mineurs, déclaré comme une colonie, et une hospitalisation en soins médicaux et de réadaptation (SMR). Concrètement, du personnel médical est présent jour et nuit : des médecins, qui codirigent le séjour, des infirmières ou puéricultrices, des étudiants en médecine, et des animateurs diplômés. Chaque moment de la journée est encadré à la fois par un soignant et par un animateur.
Il ne s’agit pas seulement de faire garder l’enfant : le séjour comprend de l’éducation thérapeutique, avec un bilan en début de séjour et un passage à l’infirmerie avant chaque repas. Beaucoup d’enfants y rencontrent pour la première fois d’autres enfants qui vivent la même chose qu’eux.
S’inscrire
Un dossier administratif se remplit en ligne sur inscriptions.sejours-ajd.fr. Une fois ce dossier validé, vous recevez par courrier un dossier médical à faire remplir par votre médecin, qui prescrit le séjour et le transport. Les places sont attribuées dans la limite des disponibilités : pour l’été, mieux vaut surveiller l’ouverture des inscriptions dès l’hiver.
Ce que ça coûte
Comme il s’agit d’un séjour de soins, l’Assurance maladie en prend en charge la plus grande partie. Restent à la charge de la famille, selon les tarifs 2026 publiés par l’AJD :
- l’adhésion à l’association, 15 € ;
- un forfait éducatif : 155 € pour les petits séjours, 230 € ou 280 € pour l’été ;
- le forfait journalier hospitalier, 23 € par jour, que la mutuelle rembourse en général, ou qui est pris en charge par la Complémentaire santé solidaire ;
- pour les séjours en famille, le lit de l’accompagnant, 40 € par jour.
Le transport peut être remboursé par l’Assurance maladie, avec une demande d’accord préalable obligatoire au-delà de 150 km. Pour le forfait éducatif, plusieurs aides existent : VACAF par votre CAF, le CSE (comité d’entreprise) sur facture, les chèques-vacances ANCV (sauf pour l’adhésion), et un fonds social de l’AJD en cas de difficulté. Le détail est sur la page frais liés au séjour.
D’autres séjours spécialisés
Ailleurs en France, l’offre est plus locale. À Toulouse, l’association Enfance Adolescence & Diabète, liée au CHU, propose des journées et des séjours pour les 3-15 ans, dont des séjours « sport et diabète ». Renseignez-vous aussi auprès du service de diabétologie pédiatrique qui suit votre enfant : il connaît souvent les associations de sa région.
Près de la frontière, l’Association belge du diabète et Diabète Suisse organisent aussi des stages et des camps pour enfants.
Une colonie « classique » avec un enfant diabétique
Votre enfant peut aussi vouloir partir avec ses copains, dans une colonie qui n’a rien de spécialisé. C’est possible, à condition de bien le préparer avec l’organisateur.
Ce que prévoit la réglementation
Les colonies et centres de loisirs sont des accueils collectifs de mineurs. Un arrêté du 20 février 2003 y encadre le suivi sanitaire :
- les informations médicales sont remises sous enveloppe cachetée, en signalant les maladies chroniques ;
- un membre de l’équipe est chargé du suivi sanitaire ; pour un séjour avec nuitées, il doit être formé aux premiers secours, et il tient un registre des soins ;
- les médicaments sont fournis dans leur emballage d’origine, au nom de l’enfant, avec l’ordonnance ;
- ils sont rangés sous clé, sauf quand le traitement exige que l’enfant y ait accès à tout moment : c’est le cas du sucre de resucrage, à garder sur soi.
Pour les centres de loisirs, le projet d’accueil individualisé (PAI) s’applique aussi, comme à l’école. Pour une colonie, demandez à l’organisateur comment il souhaite recevoir les consignes de votre médecin, et vérifiez qui, sur place, saura faire quoi. Notre checklist du PAI peut servir de trame.
Un refus n’est pas automatique
Le Défenseur des droits a jugé discriminatoire le refus d’un enfant en situation de handicap dans un centre de loisirs communal sans justification objective (décision 2022-187 du 5 avril 2023), et il attend des organisateurs des « aménagements raisonnables ». Si une structure refuse votre enfant à cause de son diabète, demandez-lui le motif par écrit. Le Défenseur des droits peut être saisi gratuitement.
Ce qui se prépare avant le départ
- Une rencontre avec la personne chargée du suivi sanitaire, avant le départ : signes d’hypo de votre enfant, matériel, alarmes du capteur, conduite à tenir écrite par votre médecin.
- Le matériel pour toute la durée du séjour, avec une marge, et un sac que votre enfant garde sur lui pendant le voyage.
- Les ordonnances et les numéros à appeler, dans l’ordre.
- Les nuits : qui regarde les alarmes, et où dort le téléphone ou le lecteur qui les reçoit.
Pour ne rien oublier, servez-vous de la checklist voyage et vacances et de la fiche à laisser à qui garde votre enfant. Si votre enfant n’a encore jamais dormi ailleurs, la première nuit chez un copain est une bonne répétition.
Les aides pour une colonie
- Le Pass colo : une aide de l’État pour un séjour d’au moins cinq jours l’année des 11 ans de l’enfant, de 200 à 350 € selon le quotient familial. Elle est versée directement à l’organisateur. Conditions de l’année sur jeunes.gouv.fr.
- Les aides aux vacances de votre CAF (VACAF) : leurs montants et conditions changent d’un département à l’autre. Certaines CAF les majorent pour les enfants qui touchent l’AEEH. Renseignez-vous auprès de la vôtre.
- Le CSE de votre employeur, et les chèques-vacances.
Si ce n’est pas encore fait, le dossier MDPH peut ouvrir droit à l’AEEH, qui aide à couvrir ce genre de frais.
Questions fréquentes
À partir de quel âge un enfant diabétique peut-il partir en colonie ?
Les séjours de l’AJD accueillent les enfants seuls dès 6 ans, et dès 3 ans avec un adulte. Pour une colonie classique, il n’y a pas d’âge propre au diabète : tout dépend de votre enfant, de son autonomie et de l’encadrement prévu. Parlez-en avec votre médecin.
Les séjours AJD sont-ils remboursés ?
En grande partie : ce sont des séjours de soins, pris en charge par l’Assurance maladie. Restent l’adhésion, un forfait éducatif et le forfait journalier, que la mutuelle rembourse souvent. La CAF, le CSE et les chèques-vacances peuvent aider pour le reste.
Une colonie peut-elle refuser un enfant diabétique ?
Un refus fondé uniquement sur le diabète, sans justification objective ni recherche d’aménagements, peut être discriminatoire. Demandez le motif par écrit, et contactez le Défenseur des droits si besoin.
Qui s’occupe du diabète de mon enfant en colonie classique ?
Un membre de l’équipe est chargé du suivi sanitaire. Ce n’est pas forcément un soignant : d’où l’importance de le rencontrer avant le départ et de lui laisser des consignes écrites par votre médecin.
Pour aller plus loin : loisirs et vacances avec un enfant diabétique de type 1.
Sources
- AJD, site des séjours (sejours-ajd.fr) : présentation, cadre SMR, déroulé, inscription et frais 2026, consultés en octobre 2026.
- Arrêté du 20 février 2003 relatif au suivi sanitaire des mineurs en accueils collectifs.
- Ministère chargé de la jeunesse (jeunes.gouv.fr) : accueils collectifs de mineurs et Pass colo.
- CAF de l’Essonne, le Pass colo (mars 2026).
- Défenseur des droits, décision 2022-187 du 5 avril 2023.
- Fédération Française des Diabétiques, mettre en place un projet d’accueil individualisé.
