Une gastro, une angine, une grippe : chez un enfant qui a un diabète de type 1, une maladie banale demande une conduite particulière, et ce n’est jamais le moment d’improviser. Cette page explique la logique ; les chiffres (doses, seuils, fréquence des contrôles) sont propres à votre enfant et viennent du protocole écrit par son équipe soignante. Le meilleur moment pour la lire, c’est un jour où tout va bien.
La règle qui ne change jamais
On n’arrête jamais l’insuline d’un enfant diabétique de type 1, même s’il ne mange pas, même s’il vomit, sauf instruction explicite de son équipe. Le corps en a besoin en permanence, y compris à jeun ; sans elle, il fabrique des cétones et s’expose à l’acidocétose. Ce sont les doses qui s’adaptent un jour de maladie, jamais le principe, et cette adaptation appartient à votre protocole. En cas de doute, on appelle : c’est exactement pour cela que l’équipe est joignable.
Pourquoi la maladie dérègle la glycémie, dans les deux sens
C’est le point que l’on comprend rarement, et qui explique tout le reste : une maladie peut faire monter la glycémie… ou la faire descendre, selon ce que l’enfant a.
- Fièvre, angine, grippe, otite, virus : le corps produit des hormones de stress, la glycémie a tendance à monter et les besoins en insuline augmentent. Le risque est la cétose, puis l’acidocétose.
- Gastro-entérite, vomissements, diarrhée : l’enfant ne garde plus ses apports alors que son insuline continue d’agir ; la glycémie a tendance à descendre. Le risque est l’hypoglycémie, tout en ayant toujours besoin d’insuline.
La gastro est la situation où l’on appelle le plus tôt et où l’on hésite le moins.
Surveiller plus souvent, et mesurer les cétones
Un jour de maladie, on contrôle la glycémie plus souvent que d’habitude, au rythme prévu par votre protocole, et on mesure les cétones sans attendre en cas de fièvre, de vomissements ou de douleurs au ventre, quel que soit le chiffre de glycémie. Les cétones sont le signal qu’il manque de l’insuline.
Un repère utile que beaucoup ignorent : la mesure des cétones dans le sang, au bout du doigt, est plus fiable et se met à jour plus vite que la recherche dans les urines, qui peut rester positive longtemps après que tout est rentré dans l’ordre. Pensez aussi à vérifier la date de péremption des bandelettes : c’est le consommable qui sert rarement et qui est souvent périmé le jour où on en a besoin. Voir mesurer les cétones.
Boire, et surtout quoi boire
Faire boire régulièrement, par petites quantités répétées, surtout s’il y a des vomissements. La logique des boissons se retient simplement : glycémie basse ou gastro, des boissons sucrées (jus, soda normal) ; glycémie haute, de l’eau ou des boissons non sucrées. Votre protocole précise les quantités ; l’idée à garder est d’éviter à la fois la déshydratation et l’aggravation de la glycémie.
Le kit « jours de maladie », prêt à l’avance
Le mauvais moment pour chercher le matériel, c’est un dimanche soir avec un enfant qui vomit. Préparez une petite réserve, rangée avec le reste :
- de quoi mesurer les cétones dans le sang, non périmé, et un thermomètre ;
- des boissons sucrées et non sucrées qui se conservent, et de quoi resucrer ;
- l’insuline et le matériel d’injection, même si votre enfant est sous pompe (voir plus bas) ;
- le protocole écrit de votre équipe et le numéro d’astreinte de la diabétologie, accessible des deux parents.
Les médicaments courants
Le paracétamol est l’antipyrétique habituel. Deux points pratiques : beaucoup de sirops contre la toux ou le rhume sont sucrés et peuvent faire monter la glycémie, préférez les formes sans sucre et demandez conseil à votre pharmacien. Et un rappel qui déculpabilise : c’est l’infection qui fait monter la glycémie, pas l’antibiotique, on termine donc le traitement prescrit. Si un médecin prescrit des corticoïdes, ils augmentent les besoins en insuline : signalez que votre enfant est diabétique.
Sous pompe, la vigilance est différente
Sous pompe, ou sous boucle fermée, il n’y a pas d’insuline lente en réserve : si l’apport s’interrompt (cathéter bouché, arraché, panne), rien ne prend le relais et les cétones peuvent monter en quelques heures. En cas de cétones élevées un jour de maladie, l’insuline se fait au stylo ou à la seringue en attendant, selon votre protocole, pas seulement par la pompe. Une hyperglycémie avec cétones inexpliquée doit aussi faire penser à un problème de matériel. Voir la pompe à insuline.
Reconnaître l’acidocétose
Ces signes, surtout associés à des cétones élevées, sont une urgence : haleine à l’odeur fruitée, comme la pomme, respiration ample et rapide, douleurs au ventre, nausées et vomissements, soif intense, somnolence ou confusion.
Quand appeler votre équipe soignante
- Vomissements qui se répètent, ou enfant qui ne parvient plus à boire.
- Cétones élevées, ou qui ne baissent pas malgré l’application du protocole.
- Douleurs abdominales.
- Glycémies hautes qui ne répondent pas aux corrections habituelles.
- Doute sur la pompe, ou tout simplement : quand vous ne savez plus. Aucun appel n’est de trop.
Quand appeler le 15 sans attendre
Dans ces situations, on n’appelle pas d’abord la diabétologie : on appelle le 15 (ou le 112), en disant en premier que l’enfant a un diabète de type 1.
- Enfant somnolent, difficile à réveiller, ou qui perd connaissance.
- Respiration anormalement ample et rapide.
- Vomissements répétés avec impossibilité de boire.
- Convulsions.
On ne donne rien par la bouche à un enfant qui n’est pas pleinement conscient. Le détail de ce qu’il faut dire au 15 est dans quand appeler le 15.
À l’école, en garde, au retour
Un enfant malade avec des cétones ne va pas à l’école : c’est une journée de surveillance rapprochée. S’il tombe malade sur place, le PAI prévoit qui vous prévient. Si quelqu’un d’autre le garde, la conduite doit être écrite : la fiche de transmission. Et on reconstitue le kit jours de maladie tout de suite après : la prochaine fois arrivera sans prévenir.