Le DT1 de votre enfant, sans jargon et sans culpabilité

Glucides simples et complexes

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En bref

Glucides simples et glucides complexes décrivent une structure chimique, pas une garantie d'effet sur la glycémie : la quantité, la cuisson, les fibres et le reste du repas comptent tout autant.

Sucres « simples », sucres « complexes », sucres « rapides » et « lents » : après le diagnostic, ces mots reviennent partout, et ils ne veulent pas tous dire la même chose. Cette page fait le tri, avec un tableau des aliments du quotidien de votre enfant pour voir d’un coup d’œil ce qui relève des sucres et ce qui relève de l’amidon.

Qu’est-ce qu’un glucide simple ?

Un glucide simple est une petite molécule : un sucre seul (glucose, fructose, galactose) ou deux sucres liés (saccharose, lactose). Sur une étiquette, c’est la ligne « dont sucres ».

On en trouve dans le sucre de table, le miel, la confiture, les bonbons et les boissons sucrées, mais aussi naturellement dans les fruits (fructose) et dans le lait (lactose). Un fruit ou un verre de lait n’ont pas de sucre ajouté, et pourtant leurs glucides sont presque tous des sucres simples.

Qu’est-ce qu’un glucide complexe ?

Un glucide complexe est une longue chaîne de sucres. Le plus courant dans l’assiette est l’amidon, celui du pain, des pâtes, du riz, de la semoule, des pommes de terre et des légumineuses. Ces aliments n’ont pas de goût sucré, mais la digestion découpe l’amidon en glucose : ils comptent pleinement dans les glucides du repas.

Les fibres sont elles aussi des glucides complexes, mais l’organisme ne les digère presque pas. Elles ne sont pas comptées dans la ligne « glucides » des étiquettes européennes, et elles ralentissent l’absorption du reste du repas. Nous y consacrons une page : fibres et glycémie.

Tableau : sucres et amidon dans les aliments du quotidien

Valeurs pour 100 g d’aliment (100 ml pour les boissons), arrondies, issues de la table Ciqual 2025 de l’ANSES. Ce sont des moyennes : un produit de marque peut s’en écarter, et son étiquette fait alors référence.

Glucides, sucres et amidon pour 100 g (source : ANSES, table Ciqual 2025)
AlimentGlucidesdont sucresdont amidon
Féculents et céréales
Pain blanc (baguette, boule)582,348
Pain complet412,437
Pâtes, cuites310,930
Riz blanc, cuit33traces33
Semoule (couscous), cuite313,428
Pomme de terre, cuite à l’eau170,916
Frites, cuites au four330,231
Légumineuses
Lentilles vertes, cuites160,216
Haricots rouges, cuits120,512
Petit-déjeuner
Pétales de maïs nature824,173
Céréales chocolatées752245
Flocons d’avoine (secs)581,057
Fruits
Pomme12110,1
Banane20163,8
Raisin1615traces
Orange8,07,6traces
Compote de pomme22200,9
Lait et laitages
Lait demi-écrémé5,04,90
Yaourt nature4,34,0traces
Yaourt nature sucré11100,1
Produits sucrés et boissons
Sucre blanc1001000
Miel82810
Confiture5958n.d.
Pâte à tartiner chocolat-noisette58560,6
Biscuit sec682543
Chocolat au lait59562,6
Jus d’orange, pur jus9,69,60
Soda sucré8,38,30

n.d. : valeur non disponible dans la table. « traces » : quantité trop faible pour être mesurée. La somme des sucres et de l’amidon n’égale pas toujours le total : la table ne détaille pas tous les glucides, et les mesures ne proviennent pas toujours des mêmes échantillons.

Ce que le tableau montre

  • Pain, pâtes, riz, semoule, pommes de terre : presque tout est de l’amidon. Le pain blanc contient plus de glucides, à poids égal, que les pâtes cuites, parce que les pâtes et le riz se gorgent d’eau à la cuisson.
  • Fruits, lait, yaourts : presque tout est du sucre simple, d’origine naturelle. La banane est une exception partielle, avec un peu d’amidon.
  • Céréales du petit-déjeuner et biscuits : un mélange des deux. Les céréales chocolatées contiennent environ un tiers de sucres et deux tiers d’amidon.
  • Légumineuses : de l’amidon, et beaucoup de fibres (près de 12 g pour 100 g pour les haricots rouges cuits), ce qui modère leur effet.
  • Jus d’orange et soda : à volume égal, le jus d’orange apporte autant de sucres que le soda, et même un peu plus. « Pur jus » ne veut pas dire peu sucré.

Simple ne veut pas dire rapide

On a longtemps résumé les choses par « sucre simple = sucre rapide » et « sucre complexe = sucre lent ». C’est trop simple. Des pétales de maïs ou une purée, riches en amidon, peuvent faire monter la glycémie très vite ; une pomme entière, faite de sucres simples, agit souvent plus progressivement grâce à ses fibres. La cuisson, la transformation de l’aliment, les fibres, les graisses et le reste du repas changent l’effet réel.

C’est ce que mesure l’index glycémique, et la charge glycémique y ajoute la quantité mangée. Pour corriger une hypoglycémie, en revanche, on cherche justement un sucre qui agit vite : c’est l’objet de notre page sur le resucrage, à suivre selon le protocole de votre médecin.

Ce qu’il faut retenir au quotidien

  • Un aliment sans goût sucré peut contenir beaucoup de glucides : le pain, les pâtes ou les céréales comptent autant que le sucré.
  • Sur une étiquette, la ligne à regarder est « glucides », pas seulement « dont sucres » : la seconde n’en est qu’une partie. Notre guide pour lire les étiquettes détaille la méthode.
  • Les deux familles de glucides ont leur place dans l’alimentation d’un enfant. L’enjeu n’est pas d’en bannir une, mais de les repérer et de les compter, avec les repères de votre médecin.

Pour replacer tout cela dans l’ensemble, voir le dossier les glucides et la glycémie. Et pour le côté vécu, les repas de tous les jours sans culpabiliser : glucides et enfant DT1 au quotidien.

Questions fréquentes

Un glucide complexe est-il toujours meilleur qu'un glucide simple pour la glycémie ?

Non, pas systématiquement. Un féculent très transformé ou très cuit peut être absorbé rapidement, tandis qu'un fruit entier riche en fibres peut avoir un effet plus progressif. La quantité et le contexte du repas comptent autant que la structure du glucide.

Le pain et les pâtes contiennent-ils du sucre ?

Ils ne contiennent pas de sucre au sens du goût sucré, mais ils apportent des amidons, des glucides complexes qui se transforment en grande partie en glucose après digestion. Ils comptent donc pleinement dans les glucides du repas.

Faut-il privilégier une catégorie de glucides pour un enfant avec un DT1 ?

Les choix alimentaires et les éventuels ajustements de traitement se décident avec votre endocrinologue. De façon générale, les deux familles de glucides ont leur place dans une alimentation variée ; l'enjeu est de savoir les identifier et les compter.

Écrit par , attachée de recherche clinique depuis 2013 et maman d’une enfant DT1. Son parcours Notre méthode

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