Ce n’est pas la trousse des grandes occasions, c’est celle de tous les jours, celle qu’on refait sans y penser, et dont on découvre un mardi qu’elle est vide. Cette page sert à la constituer une fois, puis à l’entretenir.
Le principe : trois trousses, pas une
L’erreur la plus fréquente est d’avoir une trousse, très complète, au mauvais endroit. Une trousse parfaite rangée dans une armoire fermée ne sert à rien. Il en faut trois, avec des rôles différents.
Sur votre enfant
Le resucrage et le récepteur ou le téléphone du capteur. Ils ne le quittent jamais, même en récréation.
Là où il passe ses journées
La trousse de sécurité du PAI, avec le protocole complet, confiée à l’enseignant. Une par lieu : cantine, garderie, centre de loisirs, club.
À la maison
La réserve, qui alimente les deux autres.
Ce que votre enfant a toujours sur lui
C’est la plus courte des trois, et la plus importante. Elle tient dans une poche.
- De quoi se resucrer, selon ce que votre médecin a prévu, et en état d’être avalé, pas un sachet éventré au fond d’une poche.
- Le récepteur ou le téléphone associé au capteur, s’il en porte un.
Deux choses, pas dix. Une poche trop chargée finit posée quelque part, et c’est exactement ce qu’on veut éviter.
Dans le sac à dos, si votre médecin l’a validé
Quand votre enfant est autonome et veut se contrôler seul, on peut ajouter dans son sac à dos de quoi mesurer sa glycémie, et rien d’autre. C’est votre médecin qui valide, il n’y a pas d’âge fixé. Ce lecteur garde son utilité même avec un capteur : après un resucrage, le contrôle se refait au doigt. Tout le reste est dans la trousse du PAI.
La trousse du PAI, en classe avec l’enseignant
C’est la trousse de sécurité. Elle reste en classe, confiée à l’enseignant, avec le PAI et son protocole complet.
- Resucrage en plusieurs exemplaires, c’est ce qui se consomme, et ce qui manque.
- De quoi contrôler la glycémie, y compris si votre enfant n’a pas son matériel sur lui.
- Le matériel de traitement prévu par l’ordonnance, et de quoi faire face à une panne ou à un décollement.
- De quoi mesurer les cétones, si votre médecin l’a prévu.
- Le PAI avec son protocole complet, la fiche de liaison et vos coordonnées.
Deux règles valent tout le contenu : elle est accessible immédiatement, sans clé à chercher, et tous les adultes du PAI savent où elle est. L’emplacement et les accès se décident lors de la réunion, voir la checklist PAI et une hypo à l’école.
Cantine, garderie, centre de loisirs, stages : une trousse par lieu
La classe n’est qu’une partie de la journée. La cantine, la garderie du matin et du soir, le centre de loisirs du mercredi et des vacances sont souvent organisés par la mairie, avec d’autres adultes, dans d’autres locaux. Les stages des vacances, au club de foot, de tennis ou de danse, encore moins. La trousse de la classe ne les suit pas.
- Une trousse d’urgence par lieu d’accueil, étiquetée au nom de votre enfant, avec un double du PAI dedans. Certaines mairies en demandent une pour le périscolaire, une pour le mercredi et une pour les vacances.
- Le PAI signé aussi par la cantine et le périscolaire : le modèle de PAI prévoit la signature du responsable de la restauration et de celui des temps périscolaires. Sans elle, les animateurs ne sont pas tenus au courant.
- L’heure de passage à la cantine, si votre médecin la précise dans le PAI.
- Pour le centre de loisirs, demandez au service enfance de la mairie s’il a son propre dossier : les règles varient d’une commune à l’autre.
- Pour un stage au club, foot, tennis ou autre : le PAI de l’école ne va pas jusque-là. Donnez à l’encadrant la trousse, la carte hypo et la fiche de transmission, et montrez-lui où se trouve la trousse.
- Pendant les vacances, décidez qui porte la trousse d’un lieu à l’autre, ou prévoyez-en une de plus.
Avant chaque séjour : ce que je fais pour ma fille
« Aucune contre-indication, uniquement de l’adaptation. Pour la cantine et le périscolaire, j’appelle la mairie, j’envoie tous les documents par e-mail ou je les rapporte, et je parle directement au responsable de chaque structure. Chaque année, avant la rentrée, je repasse tout en revue avec eux. Avant le centre de loisirs ou un stage, je vais voir le lieu d’accueil, je récupère les menus à l’avance, ou je vérifie qu’il y a un frigo pour le panier-repas, ce qui aide à compter les glucides. Je prévois du resucrage pour la journée ou la demi-journée, je regarde les activités prévues pour adapter son rythme, et je note le numéro des animateurs en laissant le mien. Au club, je donne les informations à l’encadrant, et le resucrage est dans son sac. »
Iness, maman d’une enfant DT1 et fondatrice de GlyDaily
Le sac de sport
- Resucrage accessible pendant l’activité, pas dans un vestiaire fermé à clé.
- De quoi contrôler avant et après.
- Une collation pour l’effet qui se prolonge après l’effort, voir sport et diabète.
- De l’eau.
- Un adhésif de maintien pour le capteur, si votre enfant en porte un.
- La carte hypo, aussi. L’entraîneur du mercredi n’est pas l’enseignant du lundi.
Dans la voiture
Une réserve de dépannage dans la voiture rend service, à une condition, et elle est absolue.
Jamais d’insuline stockée dans la voiture
L’habitacle monte très haut en été et gèle en hiver, et l’insuline ne s’en remet pas, voir conserver et transporter l’insuline.
- Du resucrage non périssable, à l’abri du soleil, remplacé régulièrement.
- De l’eau.
- Une carte hypo de plus, dans la boîte à gants.
La réserve à la maison
- Un emplacement unique, connu de tous les adultes de la maison, y compris celui qui garde les enfants un soir.
- Le stock rangé par date de péremption, le plus ancien devant.
- L’insuline de réserve conservée selon la notice du produit.
- Un seuil de réapprovisionnement : quand on entame l’avant-dernière boîte, on commande.
- L’ordonnance en cours, et sa date de fin de validité.
L’entretien : le rituel des vacances
Le meilleur moment pour tout reprendre, ce sont les vacances scolaires : c’est régulier, ça revient assez souvent, et personne n’a besoin d’y penser entre-temps.
- Vérifier les dates de péremption, partout, y compris dans la voiture.
- Reconstituer ce qui a été consommé à l’école et au sport.
- Vérifier les piles et les chargeurs.
- Mettre à jour les numéros sur les fiches et les cartes.
- Réajuster ce que votre enfant fait seul : ça change plus vite qu’on ne refait les trousses.
Ce qui manque le plus souvent
Par ordre de fréquence, d’après ce que rapportent les familles : le chargeur, les piles de rechange, le resucrage déjà consommé et non remplacé, les bandelettes de cétones périmées, et l’adhésif de maintien du capteur. Aucun n’est vital pris isolément, mais c’est toujours le jour où il en manque deux que la journée se complique.
D’où viennent ces repères : le contenu exact des trousses relève de l’ordonnance et du protocole de votre médecin, aucune liste universelle n’existe, et c’est voulu. Les principes de conservation viennent de la notice de l’insuline utilisée, relayés dans notre page dédiée ; les repères d’organisation à l’école, à la cantine et au périscolaire suivent le cadre du PAI (circulaire du 10 février 2021 et son modèle de PAI diabète), et ceux de la conduite à tenir viennent de nos pages signes d’hypoglycémie et resucrage.
